L'AAFC occupe, dans le parc de l'observatoire, le bâtiment de l'ancien équatorial coudé. De quoi s'agit-il ?

Coudé de Lyon Saint-Genis Laval

L'instrument de Besançon ressemblait à celui de Lyon Saint-Genis Laval que l'on voit ci-dessus.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle l'astronome Maurice Loewy conçoit un nouvel instrument destiné aux observations du ciel qui permet à l'observateur de travailler confortablement, assis dans une pièce qui peut être chauffée : un équatorial coudé. Par un système de miroirs, l'image se forme sur l'axe polaire. Il y a eu en tout 7 équatoriaux coudés, système Loewy : 2 à Paris, 1 à Nice, 1 à Lyon (voir carte postale ci-dessus), 1 à Besançon, 1 à Alger, et 1 à Vienne en Autriche (Loewy était autrichien avant de venir à Paris).

L'équatorial coudé de l'observatoire de Paris

L’équatorial coudé de l’observatoire de Paris (gravure de 1883).

L'instrument, fabriqué par Paul Gautier (Paris) entre 1884 et 1888, avait un diamètre de 33 cm, des miroirs de 45 cm et une distance focale de 6,40m. Le jeu d'oculaires permettait d'avoir une gamme de grossissement allant de 67 à 1179 fois.

Intérieur du coudé, poste d'observation
La partie intérieure
L'équatorial coudé de Besançon
L'équatorial coudé de Besançon
(Recadrage de la « Vue générale du site » du 6 avril 1929)

L'équatorial coudé était le plus grand instrument de l'observatoire de Besançon. Il a été utilisé à partir de 1890 et pendant plus de 70 ans pour observer des étoiles doubles, des occultations d'étoiles, des petites planètes et des comètes. Mr Chofardet, cheville ouvrière de l'observatoire pendant 46 ans a beaucoup observé avec l'équatorial coudé qui lui a permis d'être le découvreur d'une comète en 1898. L'instrument a été démonté en 1967.

Le bâtiment de l'équatorial coudé, œuvre de l'architecte Etienne Bernard Saint-Ginest, a été exécuté par les entrepreneurs bisontins Théodore Sauvanet et Joseph Simplot dans les mêmes années. Pour protéger l'instrument des intempéries, on avait ajouté au bâtiment, une galerie de 5 arcades et une cabane que l'on peut encore voir sur les anciens clichés.

Vue générale du site en 1929
Vue générale du site en 1929

Les photos proviennent toutes du fond photographique de l'Observatoire.
Pour plus de renseignements, on peut se procurer, à l'observatoire de Besançon, le fascicule « L'observatoire de Besançon ». Les étoiles au service du temps.
Collection : Parcours du patrimoine